NEWS
PORTFOLIO
View FR / EN
Download FR / EN




















The Owl’s Castle
group show, part of the duo show with Etienne François, Les Eglises, Chelles, 2020
with Etienne François, Manon Pretto, Carin Klonowski, Julie Klonowski, sélection de pièces du Musée d’Archéologie Alfred Bonno
performances by Benjamin Efrati and Carin Klonowski, Elena Bayeul

En français, l’expression « nid de hiboux » signifie, entre autres, «château abandonné» - un lieu qui n’aurait pas été préservé, un faste sur le déclin. Si les Églises ne sont ni un château, ni aujourd’hui délaissées, elles ont toutefois une riche histoire de modifications, réhabilitations, d’occupation et d’abandon. Ce lieu patrimonial, restauré dans une grande sobriété, témoigne d’une multitude de strates temporelles, de l’époque médiévale à l’époque contemporaine. Ce terrain constitue le point de départ de l’exposition de Carin Klonowski et Etienne François. Les deux artistes ont des pratiques bien distinctes, et dialoguent ici sur des questions d’effet, d’altération, de référence à l’histoire de l’art et de nostalgie.

Pour cette exposition, Etienne François propose une série de peintures, présentées dans Sainte-Croix, partie romane des Eglises. Montées sur des structures en bois, elles déploient un vaste décor fait de paysages mythologiques au travers duquel on serpente, croyant parfois reconnaître une figure humaine dans un vase brisé ou une architecture.

Dans la partie gothique de Saint-Georges, Carin Klonowski propose une installation-commissariat accueillant diverses invitations dans un décor aussi baroque que déliquescent. Au milieu de tentures de velours brodées et gravées numériquement qu’elle a réalisées, elle met donc en scène des oeuvres d’artistes ayant trait à la ruine, des masques en plâtre Etienne François et une basket en béton de Manon Pretto, des pièces du Musée Alfred Bonno – plaques mortuaires, fragments de colonnes, vaisselle allant du XIe au XVIIIe siècle –, des pièces d’artisanat, comme le siège tapissé de Julie Klonowski, ou encore des restes du montage de l’exposition – bâche, peinture séchée, martyr de découpe.  Pensée comme une scénographie modulable, l’installation accueille et utilise des éléments du décor lors de deux performances se faisant écho : l’une de Benjamin Efrati et de Carin Klonowski, alliant la leture d’un texte élégiaque à un concert de musique électronique samplant de la musique baroque, l’autre un concert de la claveciniste Elena Bayeul, interprétant les Folies Françaises de Louis Couperin au milieu des traces de la première performance.





photos : Vincent Debanne, Les Eglises, 2020